Ce smartphone est doté de capteurs pour surveiller, entre autres, le rythme cardiaque, la fonction pulmonaire, la glycémie et la température du corps.

 

Le concepteur d’appareils de suivi médical LifeWatch AG (SWX:LIFE) lance le premier smartphone médical au monde qui fonctionnera sous Android. Ce smartphone est doté de capteurs pour surveiller des variables physiologiques telles que le rythme cardiaque, la fonction pulmonaire, la glycémie, la température du corps et la conductance cutanée (qui mesure la pression psychologique). Le système peut également mesurer la pression artérielle grâce au brassard inclus et est capable d’analyser des échantillons de sang.

LifeWatch a développé une gamme d’appareils de suivi médical sans fil pour les salles d’urgence et les services médicaux, ainsi que pour un usage personnel, mais c’est la première fois que la société réunit les fonctions qu’elle propose dans un smartphone. Le fabricant chinois de téléphones mobile TechFaith Wireless Communication Technology Ltd. (Nasdaq : CNTF) est chargé de fabriquer la plateforme pour LifeWatch, tandis que LifeWatch développe le matériel pour les applications médicales et les logiciels qui relie ce matériel aux systèmes du smartphone. Le design du téléphone a été conçu par une société allemande. LifeWatch a investi plusieurs millions de dollars dans ce produit.

Les interfaces téléphone/matériel de santé font l’objet de recherches intensives dans le monde. Divers appareils, autres que des téléphones mobiles existent déjà pour rassembler et transmettre des données médicales, ainsi que pour les présenter aux utilisateurs. Par ailleurs, des applications médicales pour mobiles permettent de gérer la remise en forme, la prise de médicaments, voire même de diagnostiquer le cancer de la peau en analysant des photographies. Il existe également des sociétés qui conçoivent des capteurs propriétaires qui mesurent une seule variable médicale, la glycémie ou le rythme cardiaque par exemple, et s’intègrent aux smartphones.

« Globes » : Quel est le public visé par ce smartphone médical ?

Dr Yacov Geva, président-directeur général de LifeWatch : « Ce produit s’adresse d’abord aux consommateurs soucieux de leur santé qui ont souffert ou souffrent d’une affection médicale chronique. En vieillissant, il peut nous arriver soudain de nous sentir mal en pleine journée. Ce téléphone met à notre disposition toutes les mesures médicales de base. Il permet aux patients de gérer efficacement leur maladie. »

L’appareil n’est pas conçu pour diagnostiquer les crises cardiaques, mais il peut surveiller un rythme cardiaque irrégulier.

L’appareil est-il compatible avec d’autres appareils médicaux et applications médicales ?

Yair Tal, DG de LifeWatch Technologies, filiale chargée des produits et technologies : « Le secret de l’appareil est que tout est intégré, y compris les applications médicales, par exemple une application pour gérer son régime, un podomètre ou un pense-bête pour médicaments. Ces applications existent déjà sur l’appareil et sont reliées à des données que nous avons recueillies. Vous pouvez télécharger toutes les applications que vous voulez sur le téléphone, mais aucune donnée recueillie par l’appareil n’est transmise aux applications. À l’heure actuelle, il n’y a pas d’interface pour communiquer avec d’autres appareils, car il n’y en a pas besoin ».

À qui sont envoyées les données produites par le smartphone ?

Yacov Geva : « Dans les régions où nous exploitons des centres d’appels d’urgence, les données peuvent y être envoyées. Nous disposons actuellement de trois centres d’appels aux États-Unis, et nous allons mettre en place un service en Israël pour répondre aux utilisateurs de ce produit. Cela fait p

artie de ce qui rend notre société unique et nous permet de commercialiser cet appareil. Il est également possible d’envoyer les données au médecin du patient et à une compagnie d’assurance, mais les données sont essentiellement destinées aux clients, qui constituent notre public cible. »

À quelles réglementations doit se conformer cet appareil ?

« Il doit être approuvé par les autorités de santé, comme tous les appareils de diagnostic médical. Nous pensons obtenir de l’UE la certification CE d’ici la fin de cette année et l’approbation de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis l’année suivante. Nous pouvons déjà commercialiser l’appareil en Israël. »

Êtes-vous inquiet de l’évolution rapide des téléphones mobiles ?

« Le secteur des mobiles évolue rapidement, et c’est pourquoi nous nous apprêtons à lancer un nouvel appareil avec de nouveaux capteurs et des capacités innovantes d’ici six à neuf mois. »

Pour inciter les gens à acheter cet appareil, vous devrez leur faire renoncer à un appareil associé au divertissement, comme l’iPhone, pour un autre qui attire l’attention sur leur maladie. Quel public cible est-il assez soucieux de sa santé pour faire cela ?

« Ce produit est un téléphone complet, conçu pour un public qui fait passer sa santé en premier. On peut aussi y télécharger des applications. Nous sommes en pourparlers des opérateurs mobiles en Israël et dans d’autres pays pour commercialiser l’appareil par leur intermédiaire.

L’action LifeWatch a chuté de 2,2 % lors des échanges ce matin à Zurich, et s’échange à 7,51  CHF, soit une capitalisation boursière de 100 millions de francs suisses.

Par Gali Weinreb Globes, 4 Juillet 2012