rex

Elle fonce droit vers sa cible et ne craint pas de grimper des pentes abruptes pour suivre les robots qu’elle développe. Les terrains escarpés ne lui font pas peur, pas plus que tout ce qui pourrait venir faire obstacle aux robots auxquels elle travaille sans relâche. Le travail du docteur Isabelle Okashi, 46 ans, qui dirige le département de la robotique militaire à l’usine Lahav de l’industrie aéronautique, vient redéfinir la notion même de « champ de bataille ». Dans son arsenal, on peut trouver des robots qui désamorcent des bombes, collectent des renseignements, transportent du matériel et partent seuls en patrouille.

« Nous travaillons en ce moment sur le moteur de Rex. Quand nous aurons converti son moteur au diesel, il sera moins bruyant », explique-t-elle, alors que nous tentons de rattraper Rex, un robot qui émet un bruit proche de celui d’une tondeuse à gazon.

Les champs du moshav Bné Atarot et le haut mur d’enceinte du complexe de l’industrie aéronautique forment le décor de prédilection d’Isabelle Okashi pour présenter les performances du nouveau robot militaire de combat qu’elle et son équipe sont en train de développer.

« Il y a des défis de taille, notamment les obstacles qui peuvent s’opposer au déplacement du robot sur des terrains complexes. Pour le moment, il a réussi à contourner bon nombre d’obstacles et a même réussi à grimper sur des champs en terrasse. »

Rex, qui ressemble à un chariot mobile, est destiné à servir les soldats du corps d’infanterie. Il est équipé de systèmes perfectionnés qui permettent de collecter des renseignements, de signaler des cibles importantes sur le champ de bataille, mais aussi de détecter plus facilement des embuscades ou des mouvements dans le camp ennemi. « En plus des différents modules qu’il peut intégrer selon les besoins de l’unité, il peut également transporter des réserves de munitions, d’eau ou de rations de combat pour les combattants. »

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, Rex est censé remplacer les lamas qui servaient de porteurs aux unités combattantes de Tsahal lors de la deuxième guerre du Liban. Contrairement aux lamas, Rex n’a besoin ni de nourriture, ni d’eau, ni de caresses et n’est pas pris de panique en entendant les bruits d’explosion. Des capteurs sophistiqués permettent au robot de connaître sa localisation par rapport aux troupes et d’adapter la vitesse à laquelle il se déplace en direction des soldats. Il peut accélérer ou ralentir selon les besoins, sans se plaindre et sans poser de questions.

Okashi conçoit les robots qu’elle développe comme des machines de guerre qui doivent fonctionner surtout en situation de combat. Elle n’éprouve aucun sentiment à leur égard. Elle ne voit en eux qu’une technologie et des algorithmes qu’elle associe à des plans de développement et aux besoins opérationnels de l’armée en temps de combat.

– Quel est selon vous le robot idéal ?

« Un robot que je pourrais mettre sur le terrain en étant certaine qu’il va sauver des vies humaines. Prenons l’exemple des soldats pris en otage à la frontière du Liban : si les patrouilles étaient effectuées par des véhicules Guardium, aucun soldat ne serait enlevé et toutes les conséquences de ce type d’incidents seraient évitées. Même si un robot se faisait enlever et qu’on l’interrogeait jusqu’au lendemain matin, il ne se passerait rien. Au pire, il serait détruit. C’est une machine, aucune vie humaine n’est en jeu. »

Okashi est mariée et mère de deux enfants. Son accent français ne laisse rien cacher de ses origines. Bien qu’elle n’ait appris l’hébreu qu’à l’âge de 17 ans, lorsqu’elle est venue s’installer en Israël avec sa sœur Myriam, elle pense en hébreu et insiste pour dire que c’est dans cette langue qu’elle rêve. En plus du français et de l’hébreu, elle parle aussi couramment l’anglais, le latin, l’allemand et l’italien.

 

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