L’entreprise MirOculus est née lors du dernier programme d’été de la Singularity University, située au cœur du centre de recherche de la Nasa. Les étudiants participant au programme avaient reçu pour mission de développer un produit mettant à profit les technologies exponentielles pour s’attaquer au fléau de santé publique qui devrait toucher environ un milliard de personnes dans le monde au cours de la prochaine décennie.

 C’est au cours de ce programme que se sont rencontrés Fay Christodoulou, chercheuse postdoctorale grecque spécialiste des micro-ARN, Pablo Olivares, médecin et entrepreneur chilien, Alejandro Tocigl, Ferran Galindo, spécialiste de marketing originaire du Panama, Jorge Soto, directeur de l’innovation au gouvernement mexicain et Gilad Gome, chercheur en biotechnologie à l’Université de Tel-Aviv et lauréat du Prix Ramon.

 L’équipe ainsi formée a développé un test biochimique permettant de diagnostiquer différents cancers grâce à l’identification de micro-ARN, des marqueurs diagnostics du cancer présents dans les fluides corporels.

 Le prototype du test qui a été mis au point permet de diagnostiquer de manière précoce et avec une très haute précision de nombreux cancers. Ce test est aussi simple à réaliser qu’une prise de sang et l’appareil pourrait être installé dans n’importe quel centre de prélèvement. Après le prélèvement, les données recueillies sont intégrées dans Cloud informatique où elles sont analysées et viennent enrichir la base de données de miARN et de personnes testées.

 Les micro-ARN

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Si on observe différents tissus cancéreux, on peut repérer des profils très différents de micro-ARN. En les comparant, on arrive à identifier différents types de cancer avec un degré de précision très élevé.

 Ces dernières années, on a découvert la présence de micro-ARN à l’extérieur des cellules, dans les fluides corporels, et on sait maintenant associer leur présence ou leur absence ainsi que leur expression à diverses conditions physiopathologiques.

 Les tests qui existent actuellement nécessitent non seulement un matériel et des produits coûteux, mais aussi un personnel spécialement formé (en général un médecin ou au minimum un technicien de laboratoire). Cette nouvelle technologie offre ainsi un moyen efficace, plus simple et plus rapide d’identifier les micro-ARN. Les informations recueillies sont transférées vers des serveurs à distance qui analysent les structures des micro-ARN et établissent un pronostic.

Ces découvertes laissent présager un avenir prometteur pour l’utilisation des micro-ARN des fluides corporels comme marqueurs biologiques de cancers et d’autres pathologies. Et il y a urgence à trouver des marqueurs biologiques qui permettraient de réduire le nombre de malades et de morts du cancer, et peut-être à terme d’autres maladies.

 Le Mir.I.Am

 Le Mir.I.Am est le « boîtier » dans laquelle on insère le prélèvement. Son utilisation ne nécessite aucune formation particulière et n’importe quelle infirmière pourrait donc effectuer le test. Lorsque l’échantillon est placé dans le Mir.I.Am, les données sont envoyées vers un Cloud informatique (c’est-à-dire un ensemble de serveurs distants et interconnectés) pour être analysées et les résultats complets arrivent entre 30 et 60 minutes plus tard. Ce système permettrait donc à une personne qui fait une prise de sang d’effectuer le test par la même occasion.

 Le Mir.I.Am n’est pas encore commercialisé mais il existe déjà un prototype utilisé au Mexique. MirOculus a déposé un brevet provisoire et possède des droits exclusifs sur cette invention qui est la propriété intellectuelle de la Singularity University.

MirOculus se trouve face à des concurrents de taille tels que Agilent Life et Asicon mais la créativité de son produit et son coût bon marché le rendent très compétitif, malgré la toute petite taille de l’entreprise. Cette solution économique pourrait donc bientôt supplanter les technologies lourdes et coûteuses de ses concurrents. Chez MirOculus, on estime que le faible coût de la machine et de la nouvelle méthode d’analyse des données vont permettre de faire une percée sur le marché des méthodes de diagnostic par micro-ARM. MirOculus prévoit de vendre l’équipement du test à un prix raisonnable pour accéder à un maximum de marchés à travers le monde et pour permettre au plus grand nombre d’accéder à un diagnostic précoce du cancer et à l’avenir, d’autres maladies.

http://www.geektime.co.il/miroculus-detect-cancer-early/