Un nouvel incubateur, IBM Alpha Zone, va être inauguré en Israël en juillet prochain. Il s’agira du premier incubateur au monde du géant de la haute technologie, et la première tentative visant à tirer pleinement parti du potentiel des start-ups de la « nation start-up », a expliqué Rick Kaplan, directeur général d’IBM Israël, au Times of Israel.

IBM a ouvert ses premiers bureaux en Israël en 1949. On est en droit de s’étonner qu’il ait fallu si longtemps à l’entreprise pour ouvrir un incubateur en Israël, alors que tant d’entreprises de haute technologie l’ont déjà fait. IBM voulait être certain de mettre en œuvre son programme de manière appropriée, a expliqué Kaplan à son auditoire de Tel-Aviv, jeudi dernier, lors de l’annonce de la création du nouvel incubateur.

« La Global Technology Unit (GTU) d’IBM travaille en partenariat avec des start-ups depuis 13 ans, mais l’incubateur va nous permettre de construire des relations plus profondes et plus en amont avec ces entreprises. C’est un grand moment pour nous et un nouveau chapitre dans l’histoire d’IBM en Israël, » a expliqué Kaplan.

Il s’agit d’une histoire longue et hors du commun. « Nous collaborons beaucoup avec les ministères, et notre technologie a été profondément intégrée en Israël dès l’implantation de l’entreprise dans ce pays, au lendemain de la création de l’Etat, » a raconté Kaplan. « En 1972, nous avons lancé une branche recherche et développement à Haïfa, et aujourd’hui, nos développeurs enregistrent plusieurs centaines de brevets par an. » « IBM, » a-t-il ajouté, « est un “breveteur” en série, nous enregistrons environ 6000 brevets par an, bien plus que n’importe quelle autre entreprise de haute technologie. Et les équipes d’IBM Israël sont celles qui déposent le plus grand nombre de brevets chaque année, juste après les équipes américaines ».

Au cours de la dernière décennie, IBM a racheté 13 entreprises high-tech israéliennes. Parmi celles-ci, Trusteer, rachetée l’année passée pour près d’1 milliard de dollars, il s’agit là de l’un des gros rachats jamais enregistrés pour une start-up israélienne. « Nos acquisitions dans les domaines de la sécurité, du cloud computing, des technologies de stockage, ainsi que du développement de logiciels font d’IBM un pôle d’envergure mondiale pour le développement des toutes les technologies de pointe actuelles, » a affirmé Kaplan.

Toutes ces innovations et ces acquisitions ont ouvert IBM à la culture des start-ups israéliennes, et pour se familiariser encore davantage avec cette culture, l’entreprise a décidé d’ouvrir Alpha Zone, mais avec une touche propre à IBM, a expliqué Dror Pearl, directeur du GTU d’IBM Israël. « Nous voulons que cet incubateur soit différent. Etre une usine à start-ups comme les autres, ça ne nous intéresse pas. Nous serons là pour les entreprises avant, pendant, et après le programme. »

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=98Osnr-TpVc[/youtube]

En Israël, de nombreux incubateurs concentrent presque toute leur activité autour du développement commercial. Ce sera également un axe majeur de notre programme, a expliqué Pearl, insistant sur le fait que l’innovation technologique est l’activité première d’IBM. Le programme aura une durée de 24 semaines, ce qui est plutôt long pour Israël, a noté Pearl. Les start-ups participant au programme auront beaucoup de travail. « Nous voulons des entreprises avec des technologies de qualité, prêtes à être développées en produits commerciaux. Les entreprises participantes travailleront avec des développeurs d’IBM qui les aideront à concevoir le meilleur produit possible. » Une grande partie du programme sera consacrée au développement, « les entreprises travailleront pendant plusieurs semaines au développement, puis une semaine sera consacrée aux tests. » Ce cycle sera renouvelé autant de fois que nécessaire pour parfaire le produit.

Une fois le produit développé, il sera présenté lors des journées de démonstration en Israël et à l’étranger, sera ainsi vu par des clients d’IBM du monde entier, et les équipes de vente d’IBM seront là pour aider à commercialiser ces produits. Les entreprises spécialisées dans l’analyse de big data, le cloud computing, la technologie mobile, la sécurité, l’Internet des objets et le commerce ont les plus grandes chances d’être sélectionnées, explique Pearl.

IBM ne détiendra aucune part des capitaux des entreprises de l’incubateur et ne facturera aucun frais. Il n’y aura aucune obligation à vendre les technologies à IBM qui ne revendiquera aucun droit à la propriété intellectuelle sur les produits développés. Pour IBM, le simple fait d’avoir l’occasion de travailler avec des start-up innovantes et de les aider à commercialiser leurs produits pour le bénéfice de tous est déjà suffisant, explique Pearl. Le recrutement des candidats pour le premier programme de l’incubateur est en cours.

L’idée d’un incubateur IBM est parfaitement logique. IBM est déjà un incubateur de toutes sortes, explique Low. « Nous avons discuté de cette idée durant des mois, et au cours de cette période, j’ai appris à connaître intimement IBM. Il ne s’agit pas de l’IBM de votre grand-père, il ne s’agit d’ailleurs même pas de votre IBM, » ajoute Low. « Il s’agit de l’IBM de vos enfants. Cette entreprise s’est complètement réinventée au cours des cinq dernières années, en développant des technologies de pointe innovantes dans de nombreux domaines, et ce, tout en faisant un chiffre d’affaires annuel de 100 milliards de dollars avec ses produits « traditionnels ». Il s’agit d’une entreprise plus jeune, plus innovante et plus agressive que la plupart des autres, petites ou grandes, et les technologies qui vont être développées à Alpha Zone vont stimuler davantage encore cette innovation. »